Te souviens-tu...

Te souviens-tu, quand nous chassions ensemble, dans les herbes dorées...
Quand nous chantions ensemble, assis dans la forêt...
Ces moments où chacun était un bout de nous...
Et quand nous disions moi, cela voulait dire nous...
Te souviens-tu alors, quand nos arcs chantaient,
les mouvements des étoiles, la naissance du monde...
Ce temps où le mystère habitait tous nos gestes...
Et la banalité était perle sacrée...
Ce temps où nous dansions pour incarner l'Esprit, la merveille des merveilles, le soleil dans le cœur...
…Dans cette communion, où nous sentions la trame, qui relie toutes choses...

Je suis parti si loin, pour explorer le monde...
Tant de choses vécues, que j'en porte les marques...
Je suis comme une piste, foulée par un troupeau, de dix millions de bêtes...
Et j'espère la pluie, pour effacer le temps, et dire qui je suis...
Car l'instant est venu, à la fleur du destin, d'émaner son parfum, sa véritable essence...
Qui me guide vers la source, du premier homme que je fus...
Qui me guide vers l'esprit, la première intention...
Qui me rend la mémoire, d'avant moi...



Libre

Comme une perle d'or, dans une bulle de cristal
flottant dans le liquide qui le fait être humain
filtre de perception tout rempli de mémoires
transparent de naissance, comme un puits de lumière...

Comme une perle rare, encrassée de calcaire
détritus du savoir, concrétions d'habitudes
dans un liquide épais où gémissent des mères
où des mirages fous font leurs lois insensées...

Comme une perle bleue, immaculée, intacte
plongée dans un acide, criant la vérité
qui fait fondre la pierre et les lois impossibles
et redonne naissance au vrai nom oublié...

Que l'eau polluée décante, absorbée du dehors
dans l'ultime secousse, aux parfums de la mort
le destin merveilleux qui se révèle enfin
derrière son habit sombre, de malheurs incompris...

Le mystère absolu, que cache la souffrance
d'une beauté sans nom qui a tout donne sens
dans la pure clarté, la divine confiance
de la perle nacrée, bien aimée du soleil...




Premier jour

Dans la nuit parsemée de rêves, Je vois des choses inconcevables,
apparaître dans ma conscience,elles me semblent venir d'ailleurs...

Et quand je fixe les ténèbres,espérant voir ce qu'est le noir,
je vois des millions de paillettes,pleines de lumières et de couleurs...

Et si le noir n'existe pas, qu'en est-il alors du silence,
quand j'entends palpiter mes veines,dans ce corps qui n'a pas de fond...

Car tout objet trahit mes sens, leur faisant croire à du solide...

Mais qu'en est-il de l'immobile, si je vois vibrer son image,
d'ondes habitées par le mystère,la vitalité du sauvage...

Et qu'en est-il de l'extérieur, si tout ce que je sens de l'autre,
se passe en moi et pas ailleurs...

La vérité est une femelle, irrésistible et dangereuse,
innocente comme une baleine, vierge torride et allumeuse,
vêtue d'un voile interminable disant l'absolue nudité,
Qui brûle les coeurs envenimés dans un nuage d'absurdités...

...Et bénit l'amour du plus pauvre,d'une infinie miséricorde,
lui faisant voir ce qu'est le rêve, et d'un coup d'un seul, tout comprendre...
transmutant toutes choses en une seule,
reliées jusque bien avant l'aube,
le courant de la destinée, tissage d'or dans un monde en guerre...

Dans un soleil de gratitude, inondé du son créateur,
Redevenu un enfant sage, il renonce enfin au bonheur...
libéré de tous les mirages, et du sentiment d'abandon,
les yeux brillants comme des étoiles,il contemple le premier jour...




Printemps

Demain dans la campagne, les hommes marcheront,
les pieds nus sur la terre, le coeur pur dans les yeux...
Des maisons rondes et belles, amoureuses des fleurs,
comme des femmes épanouies, dans des familles heureuses...

Demain dans la nature, les enfants grandiront,
avec pour seule école de découvrir leurs dons...
Chacun verra les autres dans ses moindres pensées,
et les affinités, jamais plus entravées...

Demain dans l'univers, vibrera une planète,
d'un amour si intense, qu'elle en sera lavée...
Comme un être divin, rayonnant de puissance,
D'une énergie si belle, qu'elle en sera sauvée...




Origine

Bien au delà du monde, de l'espace et du temps,
au delà des pensées et des interférences,
dans un lieu inviolé, sans aucun parasite,
vibre un être divin, bleu comme au premier jour...

Paisible et sans limites,débordant d'énergie,
Il dispense ses dons, dans toutes les directions...
Au delà des rivages, et des polarités,
ignorant l'impatience et les contrariétés...

Par delà les souffrances, et les égarements,
de plusieurs millénaires d'ignorance et de doutes,
souriant, silencieux, en dedans, il m'attend...
et son amour cosmique caresse mon chemin...